Grivois (Gris voit) la télé

Ô divine télé, ô divin objet de tout mes désirs. Ne vois tu pas que sans toi ma vie est un gouffre insondable. Si je ne peux t’approcher, titiller ta télécommande déjà des sueurs glacées me glissent le long de l’échine, j’ai des palpitations, je tourne en rond, je risque l’insomnie.

Ô divine essence incontournable, ne vois tu pas ce que j’ai déjà sacrifié pour toi : un crédit révolving chez carrouf ou ailleurs,  plus une garantie étendue sur cinq ans, pour que pas unes des minutes que je vais passer en ta présence ne soit absentes de ton fumier bienfaiteur.

Tu t’es faites « écran plat, coins carrés »,  plus grand écran que jamais pour remplir le vide de mon existence. D’ailleurs j’ai une « concession à vie » pour t’avoir, je paye automatiquement la taxe audiovisuelle sur mes impôts locaux.

Depuis quelques temps tu es devenue HD, haute définition, pour mieux observer le détail de la fange putride que tu nous distille (d’ailleurs je ne comprend pas qu’on ne t’ai pas encore équipé de diffuseurs olfactifs pour mieux sentir les relents de merde que tu nous étale). Nous pourrions acheter les recharges de ta divine pestilence, afin d’encore mieux asseoir ta divine présence, écrasant définitivement les religions obsolètes qui de toute façon prêchaient déjà : heureux les simples d’esprit dans toutes les langues.

Tu prends (depuis déjà quelques décennies) le relai des parents défaillants, qui ont eu des enfants « par hasard » et dont les responsabilités professionnelles les empêchent, les pauvres, de se préoccuper du devenir de leur progéniture : se faire passer un savon par son chef, faire chier ses subalternes…

D’ailleurs, tu es devenu leur nounou, tu évites bien des crises à trôner dans leur chambre, tu te charges de leur éducation en somme.

Soit bénie la télé et le CSA qui se chargent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Continue de nous déverser ton purin d’inexactitudes rendant la nausée aussi jouissive qu’un rail ou un trip.

Tu es le shilom du fumeur, la lame de rasoir du cocaïnomane, la seringue de l’héroïnomane.

Alléluia divine télé…

 

 

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